Deux couteaux brûlants, et le dab rig qui en est sorti
Un seau en quartz a l’air d’un produit fini. Personne ne l’a dessiné d’un bloc. Des couteaux de cuisine à la poêle en titane, au dôme et au quartz.

Quick Answer
Personne n’a conçu le dab rig moderne d’un bloc. Dans les années 1960–90 on chauffait le concentré sur deux couteaux de cuisine : hot knives aux États-Unis, au Canada et en Angleterre, spotting en Nouvelle-Zélande. La poêle HMK se monte vers 2006. JP Toro date le dôme de 2006–2007 ; l’atelier Toro est documenté à Dryden, New York. Le Club Banger de Quave est lié à Bellingham et à un atelier à Seattle. Le Nectar Collector est conçu dans l’Oregon en 2011 ; le brevet de Kristian Merwin indique Salt Lake City, priorité le 21 décembre 2012.
Un seau en quartz sur un rig en verre a l’air d’avoir été conçu entier. Personne n’a fait ça.
L’histoire ressemble aux premiers ordinateurs personnels : il n’y a pas eu une personne qui, un jour, a inventé le dab rig moderne. Quelques souffleurs et passionnés, surtout aux États-Unis, ont passé environ 10 à 15 ans à résoudre des problèmes d’ingénierie — vaporiser un concentré, attraper la vapeur, la refroidir, tenir la température.
D’où vient le dab
Le principe est bien plus vieux que le dab rig. Dans les années 1960–90, le hot knifing était courant : deux couteaux métalliques chauffés sur une plaque, du haschisch ou de l’huile entre les lames, l’aérosol inhalé par un tube ou une bouteille dont on avait coupé le fond. La même idée : ne pas enflammer la matière, lui passer vite la chaleur d’une surface chaude.
L’article sur les spots décrit la même mécanique comme une pratique des années 1970, répandue dans plusieurs pays. Aux États-Unis, au Canada et en Angleterre, on disait hot knives. En Nouvelle-Zélande, le même geste s’appelle spotting, et c’est encore là qu’il est le plus visible. La version de cuisine qui deviendra le rig est celle que décrit Weedmaps : plaque, deux couteaux, tube ou bouteille sans fond.
Ensuite l’idée suivante était évidente : pourquoi ne pas attacher le couteau chaud à un bang ?
2006 : la poêle qui pivote
Vers 2006, les souffleurs Hashmasta Kut (HMK) et sa sœur Lucy Carson, dite GGirl, ont fait l’un des premiers vrais appareils à dab : le HMK Swing, aussi Vapor Curve, aussi Skillet. Weedmaps, The Dab Lab et Gray Wolf's Lair décrivent la même machine. Un rig HMK actuel porte parfois l’étiquette made in Canada chez Aqua Lab — étiquette d’une pièce d’aujourd’hui, pas acte de naissance de la poêle de 2006. Le forum qui l’a rendu célèbre s’appelait Toke City.
Couteaux chauds → petite poêle en titane → tube de verre → eau → bouche. La plaque de titane était sur charnière. On la chauffait au chalumeau, on la ramenait sous une cloche de verre, on posait le concentré. La vapeur entrait dans le verre.
La partie chauffée était donc du métal. Du titane. Le verre tenait l’air et l’eau. La partie eau existait déjà comme culture. Le mot anglais bong vient du thaï บ้อง — on le raconte dans la longue histoire de Samui. Il ne fallait pas réinventer le bang. Il fallait y boulonner une surface chaude.
Dôme et clou
Ensuite, la grande poêle est devenue un petit nail, avec un dôme de verre autour.
La paternité diverge. L’un des premiers nails de verre est attribué à un souffleur connu sous le nom de WBM.
La personne qui a transformé le dome-and-nail en système réellement vendu est en général JP Toro, fondateur de Toro Glass. Dans un entretien à Leaf Nation, il date le titane et les dômes de verre de la fin 2006–2007 : les boutiques le croyaient fou. De sa jeunesse il raconte ceci : des années dans le centre de Philadelphie, dans une équipe qui dessinait des comics. Les profils de galeries placent l’atelier Toro sur la côte Est, à Dryden, dans l’État de New York, dans les Finger Lakes — c’est le récit d’Illuzion Glass Galleries. Société fondée en 2006. Plus tard, la famille décrit New York comme chez elle et ouvre un dispensaire à Ithaca, tout près, dans le comté de Tompkins, sur leur page.
Puis le dôme est devenu de trop. Les nails domeless en titane. Task Rok et Highly Educated y ont beaucoup compté. La société dit avoir été fondée le 10 juillet 2010.L’annuaire Medical Jane les place en Californie du Nord. Un vieil entretien de Stuff Stoners Like commence par « Salt Lake City’s Task Rok ». Task dit : le titane est usiné aux États-Unis, et le nail domeless sert à supprimer le dôme.
Le seau n’est pas en verre
Un bon banger moderne n’est en général pas en verre. C’est du quartz fondu.
La scène connaît l’artiste américain sous le nom de Quave.Un entretien de 2019 le présente comme Kevin McCulley. Certaines bios de boutiques impriment Quentin Wells. Le nom public est Quave.
Le Quartz Club Banger, QCB, du début des années 2010, est l’un des ancêtres du seau en quartz. La marque écrit « forged in 2010 ». Une note du même entretien place le Club Banger dans les années à Bellingham, dans l’État de Washington, auprès de Scott Deppe et de Mothership. Aujourd’hui, la page de la marque dit que les bangers et les carb caps sont faits à la main dans leur atelier de Seattle.
Dans le même entretien Leaf Nation, JP remercie Quave à part : le banger en quartz a apporté une plus grande surface et un contact plus propre. Certains textes, dont Hashwriter, donnent la première silhouette de seau à un souffleur nommé Puking Beagle. Quave est celui dont la version quartz a été copiée.
La forme a des raisons. Une grande surface plate étale le concentré en film fin. Les parois gardent la masse thermique. L’huile tombe moins facilement dans le trou. Un coton-tige entre dedans. Un carb cap limite l’air et permet une température plus basse. Le low-temp dabbing a fixé la géométrie. Highly Educated inscrit aussi le carb cap parmi ses idées précoces — « qui le premier » reste disputé. Ce qui ne l’est pas : le capot est devenu nécessaire quand la culture a quitté le rouge.
En octobre 2026, les modèles centraux du QCB étaient autour de 195–430 dollars sur le site de la marque. Les versions d’angle commencent plus bas, certains charmers montent plus haut. Une vitrine, pas un chiffre d’affaires.
Le titane a gagné d’abord : il ne casse pas, il chauffe vite. Quand le goût et la température ont compté plus que « jusqu’au rouge », le quartz a été plus commode : assez inerte, sans note métallique, transparent, facile à nettoyer. Le corps du rig est resté en borosilicate, parce que la culture américaine des pipes et des bangs existait déjà. Ce que l’eau change à la même dose de 0,5 g est dans joint contre bang.
Nectar Collector
En 2011, dans les bois de l’Oregon, Jeff Zobell, Jefe Z, se servait de pipettes de labo en verre comme d’une paille : chauffer le bout, toucher le concentré. Cet été-là, il a apporté l’idée au souffleur Kristian Merwin. Ils ont fait la Honey Badger straw. Merwin a ensuite ajouté une chambre d’eau verticale en gardant le principe « la pointe chaude va au concentré ». C’est l’histoire de la marque.
La page de la société dit que Merwin vit à Salt Lake City, Utah. Le brevet américain US 9,445,628 B2 le nomme inventeur et habitant de Salt Lake City. Priorité : 21 décembre 2012, demande provisoire 61/740,683. Dépôt : 20 décembre 2013. Délivrance : 20 septembre 2016.
À la US Cannabis Cup de Seattle, dans un entretien publié par Cannabis Cup, ils situaient « où nous sommes » autrement : la marque était alors à Boulder, Colorado, et les pièces étaient faites à Salt Lake City. L’Oregon est le lieu de l’idée. L’Utah est le domicile, le brevet et la fabrication. Boulder est la base qu’ils ont nommée à cette coupe.
Un dab ordinaire porte le concentré vers la surface chaude. Le Nectar Collector porte la surface chaude vers le concentré.
Nectar Collector existe encore comme marque. Merwin se dit artiste verrier et entrepreneur. Quave a fait du Club Banger une ligne premium. Une géométrie de banger réussie se copie très facilement. Le brevet de Merwin couvre une chambre anti-renversement précise, pas l’idée d’une pointe chaude.
Le dab rig moderne descend de deux couteaux de cuisine brûlants.
couteaux chauds → poêle en titane → dôme et nail → nail titane sans dôme → banger quartz + carb cap
Le Nectar Collector est la branche latérale : surface chaude + concentré → pipette → paille → Nectar Collector refroidi à l’eau.
Personne ne s’est assis pour dessiner le système à partir de rien. Chaque génération a retiré un agacement de la précédente : les couteaux avaient l’air sauvage, la poêle était encombrante, le dôme était une pièce de trop, le titane mentait sur le goût, le rouge brûlait ce pour quoi on sort le concentré.
📚Sources & References
- 1Weedmaps — What is a dab rig
- 2Wikipedia — Spots (cannabis)
- 3The Dab Lab — Dab tool origins
- 4Gray Wolf's Lair — HMK titanium skillet
- 5Aqua Lab — HMK rig, made in Canada label
- 6Leaf Nation — Q&A with JP Toro
- 7Illuzion Glass Galleries — Toro Glass, Dryden NY
- 8The Highly Connected — founders
- 9Highly Educated — about
- 10Medical Jane — Highly Educated, northern California
- 11The Artifacts Project — interview with Kevin McCulley (Quave), 2019
- 12Quave CB — about, Seattle shop
- 13Quave Club Bangers — current prices
- 14Hashwriter — quartz banger market
- 15Nectar Collector — about
- 16US patent 9,445,628 B2 — Kristian R. Merwin
- 17Cannabis Cup — Nectar Collector interview (Boulder / Salt Lake City)