
Experts thaïlandais demandent une clarté politique sur la politique du cannabis avant 2026
Des experts thaïlandais en santé et des groupes de défense ont appelé les partis politiques à clarifier leurs positions sur le cannabis avant les élections de 2026, citant une hausse des risques sanitaires depuis la légalisation et la nécessité d’une régulation fondée sur des preuves
Key Points
- 1Un forum public à Bangkok a mis en lumière l’augmentation des risques sanitaires suite à la dépénalisation du cannabis en Thaïlande en 2022
- 2Les experts ont signalé une multiplication par 3,5 des intoxications au cannabis et par 6,5 des cas de dépendance et de psychose depuis la légalisation
- 3Des comparaisons internationales montrent que la Thaïlande a libéralisé le cannabis plus rapidement et avec un usage de base plus faible que le Canada ou l’Allemagne
- 4Les intervenants ont exhorté les partis politiques à clarifier clairement leurs positions sur le cannabis avant les élections générales de 2026
Un important forum public organisé à Bangkok a ravivé le débat sur la légalisation du cannabis en Thaïlande, avec des experts en santé et des groupes de défense alertant sur l’augmentation des risques sanitaires et appelant les partis politiques à clarifier leurs positions avant les élections générales de 2026. L’événement, organisé par le Youth Network Against Cannabis and Narcotics (YNAC) en collaboration avec les principales associations psychiatriques, s’est concentré sur les conséquences sanitaires observées depuis la dépénalisation du cannabis en 2022. Les organisateurs ont souligné la nécessité d’une orientation politique claire et fondée sur des preuves afin que les électeurs puissent faire des choix éclairés dans l’isoloir
Lors du panel, le professeur Chawanant Chansilp, ancien président de l’Association psychiatrique de Thaïlande, a mis en lumière la confusion généralisée du public concernant la distinction entre usage médical et récréatif du cannabis. « Le cannabis à des fins médicales signifie que le cannabis ou ses extraits sont utilisés pour traiter des maladies ou soulager des symptômes sous une stricte supervision médicale », a expliqué Chansilp, insistant sur le fait que toute utilisation en dehors du cadre médical ne peut être considérée comme un véritable usage médical. L’absence de limites réglementaires claires, a-t-il averti, a brouillé la compréhension publique et contribué aux usages inappropriés
Des perspectives internationales ont été apportées par le professeur Dr. Jürgen Rehm, qui a comparé la rapide libéralisation du cannabis en Thaïlande avec le Canada et l’Allemagne, où l’usage récréatif a suivi des années de légalisation médicale et des taux d’usage déjà élevés. « Après la légalisation à des fins récréatives, il y a eu une augmentation des taux d’usage du cannabis et des dommages associés, au moins chez les adultes, dans les deux pays, et les bénéfices économiques ont été moindres que prévu initialement », a noté Rehm. En revanche, le changement en Thaïlande est intervenu alors que l’usage du cannabis était encore relativement faible, suscitant des inquiétudes quant à la préparation face aux impacts sociétaux potentiels
Le forum a également présenté de nouvelles données sur la pression exercée sur le système de santé depuis la légalisation. Le Dr Bandit Sornpaisarn a rapporté une forte augmentation des hospitalisations liées au cannabis, incluant une multiplication par 3,5 des cas d’intoxication au cannabis et une hausse par 6,5 des cas de dépendance et de psychose induite par le cannabis. « Cela reflète que davantage de personnes consomment du cannabis au point de développer des symptômes psychotiques », a déclaré Bandit. Les hôpitaux des principales zones touristiques ont aussi constaté une hausse des patients étrangers souffrant de problèmes liés au cannabis, un établissement rapportant jusqu’à 90 cas par mois, dont 80 % impliquent des touristes, deux ans après la légalisation
Des psychiatres de première ligne ont partagé des anecdotes préoccupantes, comme le Dr Tappanon Sampatanarak de l’hôpital Vichara Phuket, qui a décrit comment la majorité des lits psychiatriques sont désormais occupés par des patients en crise mentale induite par le cannabis. Le Dr Pattaraporn Kinra, psychiatre pour enfants et adolescents, a averti que la consommation précoce de cannabis peut avoir des effets durables sur le développement cognitif et le comportement des jeunes, soulignant la nécessité de programmes de prévention et d’intervention précoce. Le panel a conclu en appelant les partis politiques à rendre explicites leurs positions sur la réforme du cannabis avant la prochaine élection, afin que le public puisse peser les preuves et faire des choix éclairés
Du point de vue de la rédaction d’OG Lab, l’expérience thaïlandaise constitue une étude de cas cruciale pour les pays envisageant une libéralisation rapide du cannabis. La montée des impacts sanitaires et les appels à la transparence politique soulignent l’importance d’une régulation rigoureuse et d’une éducation publique. À l’approche des élections de 2026, l’orientation de la politique du cannabis sera un indicateur clé de la manière dont la Thaïlande — et potentiellement d’autres nations — équilibreront santé publique et opportunités économiques dans la réforme du cannabis


