
L'Ordonnance Fédérale de Reclassement du Cannabis Cible l'Usage Médical et Exclut le Cannabis Récréatif
Le décret présidentiel de Trump ordonne aux agences fédérales de reclasser la marijuana pour usage médical uniquement, laissant la régulation du cannabis adulte aux États et annonçant des changements majeurs pour l’industrie et l’accès des patients
Key Points
- 1Le décret présidentiel de Trump ordonne le reclassement de la marijuana en Annexe 3 uniquement à des fins médicales
- 2L’ordonnance appelle à une augmentation de la recherche et de la régulation des produits à base de CBD et cannabinoïdes dérivés du chanvre
- 3La régulation du cannabis à usage adulte reste sous la juridiction des États, sans reclassement fédéral pour le cannabis récréatif
- 4Le reclassement pourrait ouvrir de nouvelles opportunités fiscales, bancaires et d’assurance pour les entreprises du cannabis, mais aussi imposer des protocoles de conformité et de tests plus stricts
- 5La régulation fédérale du cannabis médical pourrait intensifier la concurrence pour les opérateurs agréés par l’État et modifier les modèles d’accès des patients
Le récent décret présidentiel de Donald Trump prépare un changement majeur dans la politique américaine sur le cannabis en ordonnant à la procureure générale Pam Bondi de prendre les mesures nécessaires pour reclasser la marijuana en Annexe 3 de la Controlled Substances Act. Cette initiative vise à encourager la recherche, les tests et l’usage du cannabis à des fins médicales, tout en excluant explicitement le cannabis à usage adulte ou récréatif à court terme. L’ordonnance souligne l’importance du cannabis médical et critique le manque antérieur d’évaluation complète et de recherches scientifiques menées par le gouvernement fédéral sur ses bénéfices et risques, notamment après la conclusion du Department of Health and Human Services en 2023 reconnaissant que le cannabis a un « usage médical actuellement accepté » aux États-Unis
Bien que l’ordonnance présidentielle soutienne le cannabis médical, elle lance également un avertissement clair contre l’usage récréatif, laissant la régulation du cannabis adulte aux États individuels. Le texte appelle le Congrès et les agences fédérales à clarifier et sécuriser l’usage des produits à base de CBD et de cannabinoïdes dérivés du chanvre, qui restent largement non réglementés au niveau fédéral. Comme indiqué dans l’ordonnance, « Ces produits, actuellement non régulés par le gouvernement fédéral, représentent des traitements médicaux possibles supplémentaires qui devraient faire l’objet d’études rigoureuses, de recherches, de tests et de régulations. »
Le processus de reclassement de la marijuana est loin d’être simple. Selon MJBizDaily, le ministère de la Justice et la Drug Enforcement Administration doivent reprendre l’examen administratif des recommandations du Department of Health and Human Services, ce qui impliquera probablement des auditions publiques, la consultation des parties prenantes, des projets de réglementation et des appels avant la finalisation de nouvelles règles. Ce processus long crée une incertitude pour les fabricants, détaillants et professionnels de santé, qui pourraient bientôt faire face à des normes de conformité plus strictes et à de nouvelles directives fédérales sur le marketing et la vente. Ce changement potentiel pourrait aussi modifier fondamentalement l’expérience des patients, en déplaçant la distribution des dispensaires vers des modèles plus traditionnels de pharmacies, rendant possiblement obsolètes les budtenders
Pour l’industrie du cannabis, ce reclassement pourrait apporter à la fois des opportunités et des défis. Positivement, les entreprises du cannabis pourraient déduire leurs frais généraux et administratifs grâce à un assouplissement du Code IRS 280E, et les banques pourraient être plus enclines à offrir des services financiers. La couverture d’assurance pour le cannabis médical prescrit pourrait s’étendre, et de grandes entreprises des secteurs pharmaceutique, du tabac et de l’alcool pourraient entrer sur le marché via des investissements ou acquisitions. Cependant, la transition vers un cadre réglementaire centré sur la pharma pourrait imposer des protocoles de tests coûteux et étendus, augmentant potentiellement les coûts opérationnels et transformant la relation détaillant-patient. « Le reclassement pourrait nécessiter des modifications des assurances et des plans d’avantages sociaux pour couvrir le coût des traitements médicaux à base de marijuana prescrits », a déclaré Janet Jackim, présidente du Cannabis Business Industry Group chez Fennemore
La possibilité d’une régulation fédérale du cannabis médical pourrait également remodeler les marchés étatiques et l’accès des patients. Les États qui ont résisté à la légalisation, comme l’Idaho, l’Indiana et le Wisconsin, pourraient subir une pression accrue pour autoriser le cannabis médical. Par ailleurs, les changements dans la supervision fédérale pourraient permettre aux dépanneurs et stations-service de vendre certains produits cannabinoïdes, intensifiant la concurrence pour les opérateurs agréés par l’État et menaçant leurs sources de revenus. Les entreprises sont conseillées de suivre l’activité des agences fédérales, d’adapter leurs stratégies marketing et d’envisager de nouveaux partenariats pour rester compétitives face à l’évolution des exigences de conformité. Du point de vue de la rédaction d’OG Lab, ce virage fédéral vers le cannabis médical annonce une nouvelle ère de complexité réglementaire et d’opportunités commerciales, mais introduit aussi une incertitude significative pour les opérateurs historiques comme pour les nouveaux entrants, alors que l’industrie attend les règles finales et les priorités d’application


