
La Cour suprême thaïlandaise publie des directives pour limiter les procès abusifs
La Cour suprême thaïlandaise publie des directives pour limiter les procès abusifs et protéger la liberté d'expression face aux plaintes stratégiques.
Key Points
- 1La Cour suprême signe les Directives 2026 pour encadrer les plaintes pénales de mauvaise foi.
- 2Les SLAPP, souvent liées à la diffamation pénale, visent à intimider et décourager la participation publique.
- 3Les directives définissent des critères précis pour détecter les litiges abusifs dès la phase d'examen.
- 4L'objectif est de prévenir l'instrumentalisation du système judiciaire contre la liberté d'expression.
- 5La mesure répond à des enjeux sociopolitiques forts, notamment dans les domaines des droits humains et de l'environnement.
La Cour suprême de Thaïlande a adopté de nouvelles directives pour encadrer les plaintes pénales déposées de mauvaise foi, une réponse directe à la multiplication des recours judiciaires stratégiques visant à étouffer la liberté d'expression. Adisak Tantiwong, président de la Cour, a signé les "Directives 2026 sur les litiges pénaux de mauvaise foi", destinées à aider les tribunaux à distinguer les plaintes légitimes des démarches abusives qui cherchent à intimider ou à faire obstacle à la participation citoyenne.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte où les "SLAPP" (procédures abusives contre la participation publique) sont de plus en plus dénoncées en Thaïlande. Selon des recherches, plus de 109 cas présentant ces caractéristiques ont été enregistrés entre 1997 et 2022, principalement dans des affaires de diffamation pénale liées à des conflits commerciaux ou des questions de droits humains. Ces procédures pèsent lourdement sur les défendeurs, tant financièrement que psychologiquement.
Au-delà de l'aspect juridique, ces directives reflètent une volonté politique de protéger la liberté d'expression et d'éviter que le système judiciaire ne soit instrumentalisé. Elles imposent notamment aux juges de vérifier le bien-fondé des plaintes, d'examiner les éléments factuels avec rigueur, et de détecter les tentatives de harcèlement judiciaire. La recommandation de recourir à des officiers judiciaires pour aider à l'instruction des cas illustre cette approche proactive.
Cette démarche peut également être perçue comme une réponse aux critiques internationales concernant l'usage excessif des poursuites pénales pour réduire au silence les voix dissidentes, notamment dans des domaines sensibles comme les droits humains, la protection de l'environnement ou la lutte contre la corruption. En introduisant des critères clairs pour évaluer la mauvaise foi, la Cour suprême cherche à restaurer un équilibre entre justice et liberté civique.
Chez OG Lab, ferme artisanale à Koh Samui, nous observons que cette réforme pourrait encourager un climat de confiance accru pour les acteurs locaux engagés dans des débats publics, notamment sur les questions environnementales, tout en limitant les abus judiciaires qui freinent l'initiative citoyenne.


