
Le décret sur le cannabis thérapeutique en Colombie suscite des inquiétudes concernant les droits des autochtones
Le nouveau décret sur le cannabis thérapeutique en Colombie soulève des inquiétudes concernant les droits des autochtones et la commercialisation des connaissances traditionnelles
Key Points
- 1Le décret colombien sur le cannabis thérapeutique incluait initialement les plantes de coca et de pavot
- 2La proposition était en conflit avec les décisions judiciaires protégeant les connaissances autochtones
- 3Le Conseil d'État a annulé une interdiction sur les produits de coca autochtones
- 4Les droits des autochtones contre la commercialisation des connaissances traditionnelles est un enjeu central
Le récent décret de la Colombie réglementant le cannabis thérapeutique marque une étape significative dans l'approche du pays pour gérer l'utilisation légale de certaines substances. Au départ, le gouvernement avait envisagé d'inclure les feuilles de coca et les plantes de pavot dans le décret, ce qui aurait pu potentiellement enfreindre les droits des autochtones. Ce mouvement met en lumière la tension persistante entre les cadres réglementaires modernes et les systèmes de connaissances traditionnelles
Le projet initial du décret proposait des modifications aux réglementations régissant les produits phytothérapeutiques, limitant les préparations à base de substances narcotiques ou psychotropes. Cette proposition était en conflit avec les décisions précédentes de la Cour constitutionnelle de Colombie, qui avait souligné la protection des connaissances autochtones comme un élément vital de l'identité culturelle. Le jugement de la cour en 2012 a souligné la nécessité de protéger le patrimoine culturel autochtone contre l'exploitation extérieure, en particulier en ce qui concerne les usages traditionnels des feuilles de coca
En juin, le Conseil d'État de Colombie a annulé une alerte sanitaire qui interdisait la consommation et la vente de produits à base de feuilles de coca fabriqués par des communautés autochtones. Le conseil a reconnu le rôle intégral de la feuille de coca dans les traditions autochtones et ses avantages médicinaux et nutritionnels significatifs. Cette décision reflète le conflit plus large entre les droits des autochtones et la commercialisation des connaissances traditionnelles
Le débat en cours se concentre sur l'appropriation des connaissances autochtones et le potentiel de leur commercialisation sans consentement approprié. Le cadre juridique colombien, soutenu par des accords internationaux comme la Convention sur la diversité biologique, impose la protection des connaissances traditionnelles et le partage équitable des bénéfices. Cependant, les expériences historiques suggèrent que les communautés autochtones font souvent face à des défis pour faire valoir leurs droits contre les intérêts commerciaux