
Le Delaware face à la régulation des produits THC dérivés du chanvre
Le Delaware débat de plusieurs projets pour encadrer les produits THC issus du chanvre, révélant une fracture entre innovation commerciale et régulation stricte.
Key Points
- 1Quatre projets de loi différents cherchent à réguler les produits THC dérivés du chanvre au Delaware.
- 2Le débat est nourri par la faille juridique laissée par le Farm Bill américain de 2018.
- 3Un projet vise à intégrer ces produits au marché légal du cannabis, en renforçant la sécurité publique.
- 4Les commerçants de chanvre craignent des pertes économiques importantes sous une régulation stricte.
- 5Une proposition alternative crée un système de licences spécifique pour les produits à faible teneur en THC.
À l’approche de la fin de sa session législative, le Delaware se trouve au cœur d’un débat complexe sur la régulation des produits à base de THC dérivés du chanvre, ces derniers se retrouvant en vente libre hors du cadre strict du marché légal du cannabis. Quatre projets de loi concurrents proposent des approches divergentes, allant de l’intégration de ces produits dans le système de cannabis réglementé à la création d’une filière spécifique pour les détaillants de chanvre.
Ce débat découle directement d’une faille juridique introduite par le Farm Bill américain de 2018, qui a légalisé la culture du chanvre contenant moins de 0,3 % de THC, mais qui a aussi ouvert la porte à la conversion chimique du cannabidiol (CBD) en formes intoxicantes de THC. Cette zone grise permet aux détaillants de vendre des produits psychoactifs sans les contraintes réglementaires appliquées au cannabis traditionnel, ce qui provoque tensions et divisions entre acteurs du marché.
Le représentant Nnamdi Chukwuocha défend un projet de loi visant à aligner la réglementation locale sur les futures normes fédérales, en classant les produits intoxicants à base de chanvre comme du cannabis et en les soumettant aux mêmes règles strictes de contrôle, taxation et protection des mineurs. Comme il l’a déclaré : « À sa base, ce projet de loi concerne la sécurité publique ».
En revanche, certains législateurs et commerçants, notamment ceux du secteur du chanvre, s’inquiètent de l’impact économique de ces mesures, craignant la disparition des petites entreprises qui ont investi dans ce marché émergent. Le propriétaire d’un smoke shop à Laurel affirme : « Je sais que ces produits sont sûrs. Ils sont testés, sinon je ne les vendrais pas. »
Le second projet de loi propose une voie médiane avec un système de licences dédié aux détaillants de chanvre, imposant des limites de THC et des contrôles sanitaires mais évitant de les assimiler pleinement au cannabis récréatif. Ce compromis tente de concilier l’existence d’un marché en expansion avec la nécessité d’une régulation adaptée, même si les tensions entre acteurs restent vives.
Cette controverse illustre la difficulté croissante de réguler des substances issues de plantes similaires mais juridiquement distinctes, dans un contexte où la demande pour des produits innovants et légaux ne cesse de croître.


